Réflexion sur les frontières

Par Marie Guilhot-Voyant


Plasticienne et théoricienne, Daphné Le Sergent est une « intellectuelle sensible ».
Elle a développé pendant plusieurs années une  réflexion sur les frontières en toute connaissance de cause puisqu’elle est originaire d’un pays divisé, la Corée, et qu’elle a été adoptée et éduquée par une famille française.

Son interrogation sur les rapports que les coréens entretiennent avec la ligne de partage entre les deux Corées et la nature de leur regard sur l’autre Corée a induit son analyse du paysage frontalier comme phénomène de perception sans point de vue, assimilable à un écran où ne sont projetées que des images subjectives.

C’est dans ce va-et-vient de l’approche de la réalité géopolitique et idéologique de la frontière /charnière que Daphné Le Sergent a dégagé des figures d’absences de l’autre.

Daphné Le Sergent construit son travail plastique sous la forme de dessins, photographies, films-vidéo.
Elle rapporte le thème de la frontière à l’espace de l’œuvre dans lequel le pouvoir de la main fabrique un ordonnancement des formes qui seront ou pas validées par le public, la légitimation des artistes et des formes traçant la frontière entre les œuvres magistrales diffusées et les autres oubliées .

Ses derniers travaux en cours portent sur les notions d’acquisition par le corps collectif social : comment / pourquoi des gestes, des convictions, des images, des formes artistiques passent du statut de nouveau – dérangeant – à celui d’évidences culturelles constitutives de l’identité.

 


 

Reflexion on the borders

By Marie Guilhot-Voyant


Artist and theorist, Daphné Le Sergent is a « sensitive intellectual. » 

She has developed over several years a reflection on the borders in full knowledge of the facts as she is from a divided country, Korea, and was adopted and educated by a French family. 

Her questioning on the relationships that Koreans have with the dividing line between the two Koreas and the nature of their gaze on the other Korea has led her analysis of the frontier landscape as a phenomenon of perception without a viewpoint, similar to a screen where only subjective images are projected. 

It is in this back-and-forth approach of the geopolitical reality and ideologic border / hinge that Daphne Le Sergent knocked off the figures of absence of other. 

Daphne Le Sergent built her plastic work in the form of drawings, photographs, movies-video. 

She relates the theme of the border to the space of the work in which the power of the hand produces an ordering of forms that will or not be validated by the public, the legitimation of artists and drawing form the border between the broadcasted Masterworks and the forgotten others. 

Her latest works focus on the concepts of acquisition by the collective social body: how / why gestures, beliefs, images, art forms go from a status of new – disturbing – to that of constituent cultural evidences of identity.